En observant l'évolution de mes enfants et le rapport de l'adolescent avec son corps, je plonge dans un voyage introspectif en quête des souvenirs et des sentiments douloureux que j'ai sans doute eus à ce moment-là.
C'est généralement à la adolescence que l'on commence à dissocier le propre corps d’un « moi » immatériel. Cette prise de conscience peut amener à un rejet de l’enveloppe de la cher, car elle ne correspond pas avec l'image que l’on a de soi-même, de ce « moi » immatériel. On arrive même à le haïr et on voudrait, à l'instar des chrysalides, sortir de son cocon et devenir papillon, le corps dont on rêve, celui qui correspond vraiment.
Dans la démarche photographique que j’entreprends aujourd’hui, j'essaie de représenter ces états complexes qui vont de la révolte à la mélancolie à l’aide de symboles à décodage immédiat, mon objectif étant que le spectateur trouve facilement le message et qu’il puisse s'attarder davantage à contempler l'esthétique de l'image.
Le choix du collodion humide* pour ce travail s’est imposé à moi comme une évidence. D’une part, la finesse de grain et la vaste gamme tonale apportent une intensité sensuelle, qui souligne la fonction primaire du corps. D’autre part, les fréquentes imperfections qui présente ce procédé sont à l’image de celles du corps humain, celles qui font que l’adolescent soit « mal dans sa peau ».